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Destruction: poèmes lyriques

Destruction: poèmes lyriques

Destruction è una raccolta di liriche del 1904, che uscirà in italiano, con il titolo Distruzione e la traduzione di Decio Cinti, soltanto nel 1911.

Nel 1920 uscirà una nuova edizione di Distruzione, con il taglio dei passi più anarchici1.

Rispetto alla prima versione francese, il volume in italiano presentò una corposa appendice di un centinaio di pagine (Il processo e l’assoluzione di “Mafarka il Futurista”), con il discorso di Marinetti, la perizia di Luigi Capuana e le arringhe dei tre avvocati che difesero il poeta, Salvatore Barzilai, Innocenzo Cappa e Cesare Sarfatti.

Ma questa non è l’unica differenza fra le due versioni. Marinetti dedicò Destruction “a la ville de Paris”. Erano anche presenti tre citazioni da Goethe, Flaubert e Gérard de Nerval, che non compaiono nella traduzione italiana.

Distruzione è invece dedicato, con uno scritto di 3 pagine, ai pittori futuristi Boccioni, Carrà, Russolo, Balla e Severini.

1 Cfr. “Destruction. Poèmes lyriques”, L’Arengario Studio Bibliografico.

Scopri l’opera

Invocation à la Mer Toute-Puissante pour qu’elle me délivre de l’Idéal

O Mer, divine Mer, je ne crois pas,
je ne veux pas croire que la terre est ronde!…
Myopie de nos sens!… Syllogismes mort-nés!…
Logiques mortes, ô Mer!… Je ne crois pas
Que tu roules tristement sur le dos de la terre,
comme une vipère sur le dos d’un caillou!…
Les Savants le déclarent, t’ayant mesurée tout entière!…
Ils ont sondé tes boules! Qu’importe?…
Car ils ne sauraient comprendre ton verbe de délire.

Tu es infinie et divine, ô Mer, et je le sais
de par le jurement de tes lèvres écumantes,
de par ton jurement que répercutent, de plage en plage,
les Echos attentifs ainsi que des guetteurs,
de par ton jurement que scandent les tonnerres!…
Infinie et divine, tu voyages, ô Mer,
comme un grand fleuve en son heureuse plénitude.
Oh! qui pourra chanter le digne épithalame
de mon âme qui nage en ton giron immense?…
Et les nuages éblouis te font des signes,
quand tu plonges sans effort, en droite ligne,
dans l’insondable profondeur des horizons!…

Comme un fleuve dont les eaux miroitent gorgées de flammes,
oui, tu plonges en droite ligne!… et les Savants ont tort,
car je t’ai vue, par des midis d’apothéose,
fulgurer au loin, telle une épée d’argent,
pointée contre l’Azur exaspérant de perfidie!…
… Car je t’ai vue rougeoyante et cruelle,
implacablement brandie,
contre le flanc charnel d’un soir d’Avril agonisant
parmi les chevelures démoniaques de la Nuit!…
O Mer, ô formidable épée à pourfendre les Astres!…
O formidable épée,
chue des mains brisées d’un Jéhova mourant!…

Et les Couchants alors, qui se métamorphosent,
ne sont que les blessures sanguinolentes que tu creuses,
à travers les temps, pour te venger, pour te venger!…

  • Destruction
  • Librairie L. Vanier Éditeur
  • 1904
  • 232 pagine
  • Franchi 3,50
  • I. — Invocation à la Mer Toute-Puissante pour qu’elle me délivre de l’Idéal
  • II. — Mon Ame est puérile
  • III. — Les Babels du Réve
  • IV. Les Fumeries de L’Ame
  • V. — Nocturne (à trois voix)
  • VI. — La Chanson du Mendiant d’Amour
  • VII. — Le Démon de la Vitesse
    • I. — Les Terrasses de l’Amour
    • II. — Le Torrent Millénaire
    • III. — Le Soir Hindou
    • IV. — Le Simoun
    • V. — Les Forêts Vindicatives
    • VI. — Le Sabbat
    • VII. — Le Fleuve Tyrannique
    • VIII. — L’Enjeu Sublime
    • IX. — Le Démon Cajoleur
    • X. — Le Voilier Condamné
  • VIII. — Les Cafés De Nuit (chant qui finit en prose grossière)
  • IX. — Le Chant de la Jalouisie
  • X. — Les Lacs D’or
  • XI. — Le Chevalier noir
  • XII. — Humne a la Mort
  • XIII. — Invocation à la Mer Vengeresse pour qu’elle me délivre de lInfâme Réalité
    • I. — Contre la Terre
    • II. — Contre les Villes
    • III. — Contre l’Espoir de rebâtir